L'Espagne, riche d'un passé universitaire prestigieux et d'une histoire culturelle foisonnante, se trouve aujourd'hui confrontée à des défis complexes dans divers domaines. Cet article explore l'histoire de l'Espagne, son identité culturelle et les enjeux auxquels elle est confrontée dans le domaine de l'enseignement supérieur.
Un voyage à travers l'histoire et la culture
Le Tour de la Grande Bourgogne : une invitation à vivre l'histoire
À l'image du livre captivant de Bart Van Loo, "Le Tour de la Grande Bourgogne", l'histoire de l'Espagne ne se lit pas seulement, elle se vit aussi. Cet ouvrage, salué par le public et la critique, invite à un voyage immersif à travers les lieux qui ont façonné l'histoire de la Bourgogne. Van Loo, avec son érudition vive et son sens du détail, ravive le feu du passé et nous l'offre. De Bruges à Nevers, de Dijon à Gand, il explore le chemin des Téméraires, nous incitant à ressentir par nous-mêmes que l'histoire, ou ce qu'il en reste, peut devenir une expérience.
L'identité espagnole : un carrefour d'influences
Tiraillée entre ses identités dites « périphériques » (catalanes, basques, galiciennes…) et son appartenance à l’Europe, l’Espagne connaît depuis les années quatre-vingt un véritable engouement pour le roman historique. Ces romans, situés à la croisée de l'Histoire et de la fiction, du politique et du culturel, de la littérature populaire et de la culture savante, sont un lieu d'expression privilégié de l'identité nationale.
Le Siècle d'or espagnol (XVIe-XVIIe siècles), période d'apogée politique, militaire et artistique, représente le « paradis » perdu de la nation. Les auteurs de la démocratie ont dû se positionner face aux légendes qui entourent cette époque, qu'il s'agisse de la légende rose reprise par le régime franquiste ou de la légende noire anti-espagnole.
L'enseignement supérieur en Espagne : entre héritage et difficultés
Un passé universitaire prestigieux
L'Espagne possède un riche passé universitaire. C’est en 1218 qu’est fondée l’Université de Salamanque (actuelle Castille-et-León), plus ancienne université au monde en espagnol et troisième établissement d’enseignement supérieur en Europe. L’Espagne a créé sur le continent américain toute une série d’universités, bien avant que les anciennes colonies britanniques ou portugaises ne fassent de même.
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Des défis contemporains
Aujourd’hui, pourtant, les universités espagnoles sont bien moins connues à l’international que leurs consœurs britanniques ou américaines. Pour bien comprendre la crise que traverse à l’heure actuelle l’enseignement supérieur outre-Pyrénées, il faut évidemment prendre en compte les difficultés auxquels il doit faire face et qui sont parfois très proches de celles rencontrées par ses équivalents à l’étranger. Toutefois, il convient également d’aller en amont et de faire un constat : l’université est d’abord tributaire de la formation donnée aux futurs étudiants par le système primaire et secondaire. Or, si l’on s’en tient aux principales mesures internationales effectuées en la matière (et notamment aux classements PISA successifs), force est de reconnaître que les élèves espagnols ne brillent ni en compréhension écrite, ni en mathématiques, ni en sciences - en tout cas pas en comparaison des élèves d’autres nationalités.
Les causes de ces mauvais résultats sont multiples et ne sauraient être toutes abordées ici. Les dépenses publiques dans le domaine de l’instruction sont assez faibles outre-Pyrénées, même si l’on cumule les lignes budgétaires qui y sont consacrées par l’État central et les communautés autonomes. L’existence même de dix-sept communautés autonomes crée des différences abyssales de niveau, de programme et de moyens qui aboutissent à dix-sept systèmes scolaires distincts. Par ailleurs, la prédominance de l’instruction privée perpétue un grand nombre d’inégalités dans le pays. De fait, les meilleurs établissements du primaire et du secondaire sont souvent, en Espagne, des écoles privées hors contrat (escuelas privadas) ou sous contrat (escuelas concertadas). Ces inégalités régionales et sociales se perpétuent lorsqu’il s’agit d’accéder à l’université. Les tarifs d’inscription varient en effet énormément d’une communauté autonome à l’autre. Par ailleurs, il existe en Espagne un examen spécifique, appelé selectividad, passé juste après le baccalauréat (bachillerato) et qui, avec les notes obtenues à ce dernier, permet de réaliser un premier écrémage des aspirants étudiants.
Plus généralement, notre voisin ibérique ne parvient pas à se faire une place de choix au sein du classement de Shanghai. Aux dernières nouvelles, elle place certes treize universités parmi les cinq cents meilleures au monde, mais une seule se situe au-dessus de la 200e place. La diffusion de chacune des nouvelles éditions du classement de Shanghai donne lieu outre-Pyrénées à des commentaires désabusés ainsi qu’à une réflexion sur l’avenir des jeunes générations et, plus globalement, de la nation dans son ensemble. La crise de 2008, avec son lot de coupes budgétaires, mais aussi le choix récurrent des étudiants espagnols pour des « voies de garage » semblent faire partie intégrante du problème.
Les écoles de commerce privées : un succès à l'international
C’est le cas de l’Université de Barcelone (Catalogne), qui figure souvent en première place parmi les centres espagnols d’enseignement supérieur au sein du classement de Shanghai. Mais à ce jeu-là, ce sont les écoles de commerce privées de Madrid qui tirent le mieux leur épingle du jeu. L’IE Business School de la capitale, qui forme les élites de tout le pays, apparaît régulièrement comme le premier ou deuxième meilleur centre au monde dans cette branche. Les étudiants latino-américains se pressent d’ailleurs dans ces établissements en raison de leur réputation et de leurs excellents débouchés professionnels. L’exécutif national pourrait peut-être s’en inspirer ou, à tout le moins, appuyer de façon plus volontariste l’attractivité mondiale des universités espagnoles.
ABC et Falange Española : une relation complexe dans les années 1930
Un journal monarchiste face à la montée du fascisme
Dans le paysage journalistique et politique espagnol du début des années 30, ABC s’érigeait en porte-parole de ces « nostálgicos [que] se mantuvieron sin enrollar la bandera de la Monarquía liberal ». Son opposition farouche à la République le poussa tout naturellement à s’intéresser à Falange Española (F.E.), nouveau parti à consonance fasciste. Il est vrai que les liens d’amitié unissant Juan Ignacio Luca de Tena, Marquis de Luca de Tena, et José Antonio Primo de Rivera, Marquis de Estella, étaient nés bien avant octobre 1933, en prison. Pendant la période étudiée, le journal ne traita pas de façon linéaire l’information concernant F.E. Des changements eurent lieu, surtout sur le fond. La forme resta volontairement posée et toujours opposée - du moins, théoriquement - aux effets faciles et aux subterfuges grossiers. Autant dire que le non-dit était également significatif.
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Une instrumentalisation de Falange Española
En d’autres termes, au cours de ces trente-trois mois précédant la guerre civile, ABC chercha à instrumentaliser le devenir et la réalité de Falange en profit de sa propre vision de l’Espagne.
En mars 33, les avatars de l’unique numéro de El Fascio - auquel participa Primo de Rivera - suscitèrent l’émoi du journal monarchiste. Sa saisie, estimait-il, n’était due qu’aux pressions socialistes. Leur acharnement restait d’autant plus incompréhensible que ce fascisme espagnol embryonnaire était, pour ABC, condamné par avance à la disparition. La propre tradition nationale garantissait la totale innocuité de l’aventure totalitaire. L’Espagnol était par trop indépendant - et jaloux de son identité - pour se laisser tenter par un mirage. D’où l’assurance, mêlée d’ironie, du quotidien monarchiste, lorsqu’il affirmait : « A nosotros, los españoles, no pueden asustarnos las sugestiones de la moda y de la imitación ; aquí no puede arraigar ni encontrar ambiente el figurín fascista ». En exprimant publiquement son indignation face à cette mesure discriminatoire, ABC se disait convaincu de défendre la liberté et non le fascisme.
Des points de convergence et des divergences
Malgré cette divergence majeure, Luca de Tena laissait entrevoir une possible entente car de nombreux points de concordance existaient entre monarchistes et fascistes dans la lutte « contra los enemigos comunes de la sociedad, del orden y de nuestras más caras ideas ».
Entre avril et août, l’intérêt du quotidien pour l’émergence du fascisme s’émoussa sans disparaître toutefois complètement. Il ne reprit qu’à partir de la mi-septembre avec la perspective de nouvelles élections. Mais aussi avec la signature d’un accord - tenu secret - au mois d’août entre les monarchistes et le M.E.S. (Movimiento Español Sindicalista), le premier parti de Primo de Rivera. Connu sous le nom de “pacte de l’Escurial”, en raison du lieu des tractations, il stipulait le financement du groupuscule fasciste par les monarchistes alphonsins qui, en retour, disposeraient de « una organización fascista que pugnara por atraer el concurso de las masas que ellos, eso era ya evidente, no lograban arrebatar a la C.E.D.A. ».
Une bienveillance intéressée
ABC était prêt à témoigner à la nouvelle force politique, sinon un fervent appui, du moins une bienveillante attention. Sa détermination à s’inscrire dans le cadre de la lutte antirépublicaine méritait bien cela. Comme l’affirmait López Montenegro, ce parti fasciste deviendrait « el coco » de la gauche révolutionnaire. Avec une garantie indiscutable : la présence de José Antonio Primo de Rivera. En d’autres termes, F.E. était d’abord espagnole, ensuite fasciste. Donc parfaitement fréquentable. Son arrivée au pouvoir était désormais envisageable.
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Une critique du fascisme et des louanges envers l'homme
Se précisait ainsi la stratégie apparemment mise en œuvre par le quotidien : la critique du fascisme allait de pair avec les louanges envers l’homme qui l’incarnait. Certains collaborateurs du quotidien signalaient le non-sens inhérent à ce fascisme de façade et sa totale inadéquation à la réalité espagnole.
Une intransigeance nécessaire face aux ennemis de l'Espagne
Le fascisme était peut-être dangereux, les fascistes espagnols l’étaient beaucoup moins. Aussi, lorsque quatre jours plus tard - et en réponse à l’article de Fernández Flórez du 18 - Primo de Rivera envoya un communiqué outré, où il promettait que « los fascistas españoles, sin alardes, se encargarán de demostrar que ni simbólicamente aceptan la más mínima dosis de aceite de ricino », ABC tenta d’apaiser ce qui semblait être le début d’une acerbe polémique. Pour le quotidien, il ne fallait voir dans le travail de son collaborateur aucun reproche à rencontre de F.E., car « el artículo - que acabamos de repasar - […] se limitaba a censurar la pasividad ciudadana ante un asesinato tan vil que, en efecto, merece la más enérgica condenación de toda conciencia honrada ». La justification du journal, pour le moins discutable, démontrait sa gêne et son souci d’œuvrer en faveur de la cohésion des vainqueurs. D’ailleurs, selon Manuel Bueno, le fascisme pourrait même devenir une expérience profitable à l’Espagne à condition de ne point l’appliquer « en toda su rigidez, porque el temperamento nacional acaso no se plegase tan dócilmente a sus reglas y ordenanzas ». Manifestement, ABC accordait à José Antonio, et à F.E., un véritable avenir politique national.
Une opposition à la politique de participation au système républicain
Après les élections, ABC se montra très tôt opposé à la politique de participation au système républicain menée par Gil Robles. La République, insistait le quotidien, était « un terrible peligro » et contre elle s’étaient dressées les forces de l’ordre encadrées au sein de Acción Popular, berceau de la Confédération. Rien n’avait changé depuis le 14 avril 1931.
La Monarchie : la forme de gouvernement la plus appropriée pour l'Espagne
Le journal de Luca de Tena, lors d’une controverse avec El Debate, affirma qu’une République de droite ne verrait jamais le jour en Espagne car les institutions du régime avaient été conçues par et pour la gauche. Les intérêts nationaux ne seraient donc jamais vraiment défendus. Pour ABC, « aunque liberales no somos demócratas », la Monarchie restait donc « la forma de gobierno más conveniente a España ».
Une admiration pour José Antonio Primo de Rivera
ABC manifesta même une franche admiration envers le jeune avocat après l’altercation avec Indalecio Prieto. En effet, en pleine session parlementaire, et comme le leader socialiste avait porté un jugement sur l’ancien dictateur que José Antonio considéra offensant, ce dernier s’élança pour agresser physiquement Prieto.
Benidorm : un modèle de tourisme durable ?
Une métamorphose spectaculaire
"Ici, il n'y a pas d'usines de voitures, ni de savons. Ici ce qu'il y a, c'est une fabrique d'hôtels, de restaurants et d'établissements dédiés aux loisirs", résume Ángela Barceló, 72 ans, propriétaire de l'hôtel Les Dunes, ouvert en 1957 par sa grand-mère à une époque où les Espagnoles ne pouvaient pas avoir de compte bancaire sans la permission de leur mari. "Le Benidorm d'aujourd'hui, on le doit aux femmes", assène Ángela Barceló : quand les touristes ont commencé à affluer dans les années 1950, les hommes "travaillaient dans la marine marchande ou se consacraient à poser les madragues" pour la pêche au thon, et ce sont donc les femmes qui ont ouvert hôtels ou restaurants.L'hôtel Les Dunes comptait à l'origine trois étages et en a aujourd'hui 25, illustration de la métamorphose de la cité balnéaire de la côte méditerranéenne en quelques décennies.Comptant auparavant 3.000 habitants vivant dans de petites maisons, Benidorm peut aujourd'hui accueillir au plus fort de la saison estivale jusqu'à 400.000 personnes, notamment dans une centaine de gratte-ciel de plusieurs dizaines de niveaux.
Pedro Zaragoza : le père de la révolution touristique
Cette révolution a un père : Pedro Zaragoza Orts, maire de 1950 à 1966 et franquiste convaincu. Ce pragmatique ayant de nombreuses relations a vu dans les touristes étrangers un avenir prospère et riche en devises, moins exigeant que le travail de la terre et plus sûr que celui de la mer.
Le soutien de Franco
Menacé d'excommunication, Pedro Zaragoza reçoit un soutien décisif : le dictateur Francisco Franco envoie sa femme et sa fille passer des vacances d'été chez lui, ce qu'elles feront ensuite pendant des années.
Un refuge pour la communauté homosexuelle
Dans la société espagnole très corsetée de l'époque, la ville devient même l'un des refuges de la communauté homosexuelle, qui y ouvre ses premiers bars dans les années 1960.
Un modèle de développement durable ?
La capacité à concentrer autant de personnes en si peu d'espace, grâce à la croissance verticale de la ville, a longtemps valu à Benidorm d'être critiquée, mais ces dernières années, elle a au contraire été revendiquée comme un modèle de développement durable.
La croissance verticale "est un modèle très efficace", assure à l'AFP Vicente Mayor, 53 ans, ingénieur en chef adjoint de la mairie, pointant notamment des pertes bien plus importantes dans les réseaux de distribution d'eau des villes aux habitations dispersées.Cette forte concentration urbaine permet en outre de collecter les déchets en quelques heures, et la voiture est rendue quasiment inutile.
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