L'accouchement, un événement majeur dans la vie d'une femme, est souvent entouré de mythes et d'idées reçues. Ces idées préconçues peuvent engendrer stress, anxiété, et des attentes irréalistes chez les futures mamans. Cet article vise à démystifier ces croyances populaires, en s'appuyant sur des faits et des témoignages d'experts, afin de vous préparer sereinement à cette expérience unique.
1. "Un premier accouchement dure toujours une éternité"
Idée reçue: Un premier accouchement est synonyme de longues heures de travail, souvent plus de 9 heures.
Réalité: S'il est vrai qu'un premier accouchement prend rarement moins de 9 heures, le temps nécessaire pour la dilatation complète du col de l’utérus et la descente du bébé dans le bassin, cette durée varie considérablement d'une femme à l'autre. Les dimensions du bassin, le poids du bébé, et sa position peuvent influencer la durée du travail. Certaines femmes ont une meilleure dynamique de leur muscle utérin et accouchent plus vite. Pour un deuxième enfant, l'accouchement est généralement plus rapide, mais chaque cas reste unique. Le plus simple est de vous rendre à la maternité dès que les contractions se rapprochent et que vous perdez les eaux.
2. "Avoir des rapports sexuels peut déclencher l'accouchement"
Idée reçue: Les relations intimes en fin de grossesse peuvent accélérer le déclenchement du travail.
Réalité: Cette idée n'est pas totalement fausse. Lors d'un rapport sexuel, le taux d'ocytocine, l'hormone du plaisir, augmente chez la femme, notamment par la stimulation des mamelons. Or, cette hormone est aussi celle qui déclenche les contractions. De plus, le sperme du papa contient des prostaglandines, une substance qui va agir localement sur le col de l’utérus et augmenter le nombre de récepteurs à l’ocytocine. Ces deux facteurs combinés peuvent favoriser la mise en route du travail. Cependant, si la maman n’éprouve pas de désir, il est inutile qu’elle se force. A l’approche du terme, être active, en faisant de longues balades par exemple, est tout aussi efficace. Une étude menée en 2012 par des chercheurs de l’université de Malaya en Indonésie n’a d'ailleurs trouvé aucun lien de cause à effet sur les relations sexuelles et le déclenchement de l’accouchement.
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3. "L'épisiotomie est une pratique systématique"
Idée reçue: L'épisiotomie est une étape incontournable de l'accouchement, surtout pour un premier bébé.
Réalité: L'épisiotomie, une incision du périnée, est de moins en moins pratiquée. Les recommandations ont changé. L’OMS et le Collège national des gynécologues-obstétriciens ont clairement mis en avant le fait que l'épisiotomie ne protégeait pas le périnée et ne prévenait pas les descentes d’organes ou le risque d’incontinence. Les pratiques ont donc évolué dans ce sens. Parfois, elle reste nécessaire, par exemple, si le rythme cardiaque du bébé ralentit ou si la qualité des tissus de la maman n’est pas bonne. Vous pouvez faire part de votre refus de l’épisiotomie à votre gynécologue ou votre sage-femme lors de la consultation prénatale, afin qu’elle soit stipulée dans votre dossier. Le jour J, l’équipe médicale décidera alors avec vous de la nécessité de pratiquer cette intervention.
4. "Il faut accoucher dans une maternité de niveau 3 pour être en sécurité"
Idée reçue: Seules les maternités de niveau 3, les plus équipées, garantissent une prise en charge optimale.
Réalité: Aujourd'hui, les maternités sont classées en 3 niveaux, en fonction de l’offre de soins qu’elles proposent. La plupart sont de niveau 1 et prennent en charge les grossesses sans risque. Celles de niveau 2 possèdent un service de néonatalogie et accueillent les prématurés à partir de 32 semaines. Les maternités de niveau 3 sont les plus équipées, avec notamment un service de réanimation néonatale en plus du service de néonatalogie. Selon le déroulement de votre grossesse, votre médecin vous orientera vers l’établissement le plus adapté. Après la naissance, sachez que les transferts sont assez rares. Si la maman accouche dans une maternité de niveau 1 et que son bébé présente un souci de santé qui ne peut pas être pris en charge sur place, il est possible qu’il soit transféré dans un autre établissement, de niveau 2 ou 3, disposant d’un service de néonatalogie ou de réanimation néonatale. Mais dans ce cas-là, l’équipe essaye de transférer la maman aussi, car ensemble ils se portent mieux.
5. "Il y a plus de naissances les nuits de pleine lune"
Idée reçue: La pleine lune a une influence directe sur le déclenchement des accouchements.
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Réalité: Voilà une croyance qui se transmet de génération en génération sans faiblir. En cause, le cycle lunaire qui influencerait le début du travail. Mais, statistiquement, vous n’avez pas plus de chances d’accoucher un soir de pleine lune et des scientifiques américains l’ont démontré il y a quelques années. Ils ont recensé toutes les naissances survenues en Caroline du Nord entre 1997 et 2001, soit plus de 500 000 accouchements et 62 cycles lunaires. Conclusion : un nombre identique d’accouchements lors des différentes phases du cycle lunaire. En revanche, ce qui est vrai et moins connu de la part des mamans, c’est l’influence du changement de temps et de la pression atmosphérique sur les accouchements. Lorsque la température chute brusquement, cela retentit sur la pression artérielle et peut déclencher le travail.
6. "Il est facile de se faire déclencher l'accouchement par convenance"
Idée reçue: Les médecins acceptent facilement de déclencher l'accouchement pour des raisons de confort personnel.
Réalité: A moins que votre terme soit dépassé depuis plusieurs jours ou que votre bébé coure un danger, les médecins n’ont aucune raison de déclencher votre accouchement. Mais certains se montrent plus arrangeants et acceptent les déclenchements dits de « confort » si les conditions médicales sont favorables. Cette pratique dépend vraiment des maternités et des médecins. Il est arrivé de déclencher une maman “pour convenance”, parce que le papa militaire partait à l’étranger, mais les conditions étaient favorables. Elle était à terme, son col était mûr et la tête du bébé bien descendue. Ces conditions doivent absolument être respectées. Les mamans doivent savoir que ce n’est pas un acte anodin, bien qu’il soit mieux maîtrisé qu’autrefois. Le risque que cela se termine par une césarienne est plus élevé qu’après un début de travail spontané. Il est préférable de le réserver à des cas pathologiques qui le nécessitent.
7. "Après une césarienne, on ne peut plus accoucher par voie basse"
Idée reçue: Une césarienne implique nécessairement des césariennes pour les grossesses suivantes.
Réalité: Tout dépend de la cause de votre première césarienne. Si elle est liée à une cause permanente - un bassin trop étroit par exemple -, elle s’imposera à nouveau, mais si elle est liée à votre premier bébé (position en siège, poids…), un accouchement par voie basse est envisageable. Auparavant, les médecins craignaient pour la fragilité des sutures et redoutaient qu’elles ne tiennent pas sous l’effet des contractions lors d’une seconde naissance. Mais la technique s’est améliorée. Aujourd’hui, si la cicatrisation s’est passée dans de bonnes conditions et qu’un intervalle d’environ 18 mois est respecté entre les deux naissances, il n’y a pas de raison de ne pas accepter “l’épreuve du travail”. Il faut toujours évaluer le risque et les bénéfices pour la mère et l’enfant. En revanche, après deux césariennes, la cicatrice est a priori plus fragile et le risque de rupture utérine augmente, donc en cas de 3e grossesse, il sera préférable d’éviter une naissance par voie basse.
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8. "On se vide forcément les intestins pendant l'accouchement"
Idée reçue: Il est inévitable d'avoir une défécation involontaire pendant l'expulsion du bébé.
Réalité: Vous avez imaginé la scène des dizaines de fois, vous en êtes sûre, en poussant, vos intestins vont se vider au moment où vous allez accueillir votre bébé. C’est une interrogation qui tourmente de nombreuses femmes enceintes, mais il faut qu’elles se rassurent. Une future maman qui redoute que cela lui arrive peut aller aux toilettes avant de partir à la maternité grâce à un suppositoire de glycérine et ce sera terminé. En effet, ensuite, les contractions ralentissent le transit. Si elle n’a pas eu le temps de s’y rendre, lors de l’expulsion, la tête du bébé appuiera sur l’ampoule rectale qui se videra si elle est pleine. Mais la sage-femme prévoit toujours un bassin. Il ne faut pas avoir peur d’être jugée. Un accouchement, c’est quelque chose d’animal, il y a du sang, des larmes, des rires, de la transpiration, de l’urine et parfois des selles.
9. "La douleur de l'accouchement est insupportable"
Idée reçue: L'accouchement est toujours une expérience extrêmement douloureuse.
Réalité: La douleur varie beaucoup d’une femme à l’autre et d’un accouchement à l’autre. Les techniques de respiration, la péridurale ou le soutien d’une sage-femme peuvent réduire considérablement la douleur. Accoucher est douloureux, mais si on peut bouger la douleur n'a rien d'insurmontable. Certaines femmes racontent même y avoir pris un grand plaisir ! Comme lors de n'importe quel grand effort, le corps secrète naturellement des hormones, (l'ocytocine naturelle) qui rendent supportables les contractions. Certaines séances de préparation à l’accouchement, plus centrées sur la gestion de la douleur, vous aideront au moment propice, en évitant toute intervention médicale.Pour celles qui le souhaite, il est heureusement toujours possible de demander une péridurale.
10. "On doit ressentir un amour inconditionnel pour son bébé dès la naissance"
Idée reçue: Le lien maternel se crée instantanément dès la naissance.
Réalité: Le lien maternel se construit différemment selon les femmes. Certaines ressentent un attachement immédiat, d’autres voient ce lien se renforcer progressivement au fil des jours et des semaines. Devenir mère est un véritable bouleversement psychique. Certaines vont accepter très vite leur nouveau statut et nouer rapidement des liens avec leur bébé. Pour d’autres, ce sera plus difficile. Peur de ne pas être à la hauteur, bébé perçu comme un inconnu, états d’âme mêlés de tristesse… Rassurez-vous, le baby blues affecte près des deux tiers des jeunes mères et ne dure généralement qu’une dizaine de jours. Le temps nécessaire pour faire connaissance avec son bébé et trouver comment organiser sa nouvelle vie de maman.
Idées Reçues Additionnelles et Démystification
La Poche des Eaux
Idée reçue: La perte des eaux est un signe d'accouchement imminent.
Réalité: Si la poche des eaux se rompt, cela ne signifie forcément pas que le travail va commencer. Il se peut que ledit travail démarre des heures après, dans certains cas une journée même. Si un accouchement est imminent, ce n'est pas la poche des eaux qu'il faut prendre en compte mais le col de l'utérus et les contractions. Plus le col est dilaté, plus la voie est ouverte pour laisser passer le bébé. Il en de même pour les contractions mais cela varie généralement selon les femmes.
Idée reçue: La poche des eaux se casse toujours en une seule fois.
Réalité: Quand la poche des eaux entre en rupture, il se peut que tout le liquide ne sorte pas totalement. Au fur et à mesure des mouvements, des restes de liquide s'écouleront. Le liquide amniotique peut s'écouler durant le reste de la journée. Le liquide met du temps pour tout sortir et il est normal que le tout ne sorte pas d'un seul coup.
Idée reçue: Après la rupture de la poche des eaux, il est dangereux de prendre une douche ou d'avoir des rapports sexuels.
Réalité: Une fois que la poche des eaux est rompue, il est formellement non indiqué d'avoir des rapports sexuels, de courir ou même de prendre une douche. En effet, une fois le liquide amniotique expulsé hors du corps de la mère, le bébé est exposé aux infections par le biais du vagin.
Grossesse et Alimentation
Idée reçue: Il faut manger pour deux pendant la grossesse.
Réalité: On imagine bien que les besoins nutritionnels d’un embryon de quelques semaines et même d’un foetus en fin de grossesse ne seront pas comparables à ceux d’une adulte. Il n’y a donc aucune raison de doubler la quantité d’aliments que mange la future maman. En revanche, il est bien d’améliorer la qualité en adoptant une alimentation variée et équilibrée. Il n’est donc pas question de manger pour 2 mais de manger 2 fois mieux.
Idée reçue: Les femmes enceintes ont des envies irrépressibles de fraises.
Réalité: Les modifications hormonales durant la grossesse peuvent bouleverser l’odorat mais également le goût, c’est ce qui pourra entraîner un dégoût pour certains aliments et à l’inverse une attirance pour d’autres, c’est ce que l’on appelle les envies. Si pour certaines femmes l’envie se portera effectivement sur les fraises ce n’est que très personnel. Pour d’autres ce sera pour des aliments salés ou le chocolat. Mais quoi qu’il en soit, il n’y a absolument aucune obligation à assouvir toutes ses envies, sans quoi la maman risque de prendre beaucoup de poids.
Activité Physique et Bien-être
Idée reçue: Croiser les jambes pendant la grossesse peut nuire au bébé.
Réalité: Pour la spécialiste, "croiser les jambes n’a aucun impact sur la position du cordon, ni sur la naissance".
Idée reçue: Il est impossible de faire du sport pendant la grossesse.
Réalité: La pratique du sport n'est pas contre-indiquée pendant la grossesse. Il convient cependant d'être raisonnable et de savoir "écouter" son corps et ne pas se mettre à une pratique intensive d'un sport pour une femme qui n'en fait jamais.
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